Toi, qui dans une rue souries aux jours,
Prends dans tes bras mon corps de troubadour.
Ta longue robe bordée de noir et de rouge,
Sublime en ta main cette immense vouge.
Deux globuleux yeux se détachent de ton visage,
Et de ta bouche se dessine un beau paysage.
Droite devant moi tu attends la dernière seconde,
Celle où je serai tien et mon âme féconde.
Où irons-nous ma bien-aimée funeste ?
Tes paroles silencieuses n'ont besoin que d'un geste,
Pour affûter mes larmes devenues si belles.
Quand devrons-nous arrêter cette tristesse ?
À jamais tu seras d'une humeur vengeresse,
Donne-moi la main et disparaissons dans l'ivresse.
— Pierre B.
