Sergio Tomassi
Accordéoniste · Compositeur · Directeur artistique · Sound Designer
Naissance
1960, Paris, France, « Un Italien né à Paris »
Activité principale
Accordéoniste, Musicien accompagnateur, Compositeur, Réalisateur et Directeur artistique, Pédagogue/Enseignant, Chef de projet, Metteur en scène, Directeur musical, Sound Disigner…
Genre musical
Chanson française, Bal musette, Musique de film, Musique classique (pour ses contributions théâtrales, à la danse et aux créations symphoniques), Habillage sonore de Musées
Instruments
Accordéon, Clavier
Années actives
Depuis 1975
Cette biographie est rédigée par Pierre Blanes à partir d'un entretien conduit dans le cadre de ses recherches. Elle est publiée avec l'accord de l'interviewé. Mentions droits & sources.
1. Biographie
Sergio Tomassi, « un italien né à Paris »[1] en 1960, s'est imposé comme une figure aux multiples facettes dans le paysage musical français.
Accordéoniste de formation, il a bâti une carrière riche et diverse qui embrasse les rôles de musicien accompagnateur de grands noms de la chanson française, de compositeur pour divers médias, de réalisateur et directeur artistique de projets d'envergure, tout en contribuant de manière significative au développement de l'accordéon numérique et à la pédagogie de son instrument. Son parcours témoigne d'une volonté constante de conjuguer tradition et innovation. Il explore les potentialités de l'accordéon dans des contextes variés, de la scène de bal populaire aux théâtres nationaux et aux créations numériques.
Sergio Tomassi découvre l'accordéon dès l'âge de neuf ans, initié par François Acéti. Ses premiers pas sur scène se font en 1975, lorsqu'il participe à des bals populaires aux côtés d'Alain Acéti. Bénéficiant du parrainage de Marcel Azzola, une figure emblématique de l'accordéon, il perfectionne sa technique auprès de Joë Rossi. Cette formation rigoureuse lui permet d'obtenir le prix du concours de l'U.N.A.F. (Union Nationale des Accordéonistes de France), et marque une étape importante dans son parcours musical. À partir de 1986, la carrière de Sergio Tomassi prend un nouvel essor, le menant à collaborer avec de nombreux artistes de renom et à diversifier ses activités dans le domaine musical et artistique.
2. Accordéoniste accompagnateur
Sergio Tomassi s'est distingué comme un accompagnateur recherché qui partage la scène et les studios d'enregistrement avec plusieurs figures majeures de la chanson française[2]. Parmi les artistes qu'il a accompagnés figurent notamment Juliette Gréco, avec qui il a collaboré de 1986 à 2005, et Barbara[3], qu'il a accompagnée de 1986 jusqu'à son ultime concert à Tours en 1993. Sa polyvalence l'a également amené à travailler avec Michel Fugain, Anna Prucnal, Patachou, Cora Vaucaire, Fabienne Guyon, Lââm et Jacqueline Danno[4].
Un moment marquant de sa carrière d'accompagnateur[5] est sa collaboration avec Charles Aznavour. Sollicité pour le concert de l'artiste au Palais des Congrès en 2007 puis pour sa tournée mondiale d'adieux, Sergio Tomassi a créé pour l'occasion le poste d'accordéoniste au sein de l'orchestre d'Aznavour. Cette intégration est née du souhait de Charles Aznavour, qui l'avait découvert et apprécié lors du spectacle « Accordéonissi-Mots » avec Serge Lama[6].
En effet, depuis l'année 2000, Sergio Tomassi occupe une place centrale au sein de l'équipe de Serge Lama où il assume les rôles d'accordéoniste, de chef d'orchestre et de directeur musical. Cette collaboration de longue date a donné lieu à de nombreux spectacles, dont « Accordéonissi-Mots ». Dans ce spectacle, Sergio Tomassi a partagé la scène en duo avec Serge Lama pendant plus de quatre ans, donnant environ 550 représentations. Serge Lama décrit cette expérience comme particulièrement enrichissante en raison de la grande liberté artistique qui y était offerte.
3. Réalisation et direction artistique
Parallèlement à son activité d'instrumentiste, Sergio Tomassi a développé une expertise reconnue dans la réalisation et la direction artistique de projets musicaux. Il a démontré une capacité à chapoter l'ensemble du processus créatif et technique. Il a ainsi réalisé plusieurs albums pour Serge Lama et a contribué à façonner le son de ces enregistrements : « Accordéonissi-Mots Live » (2005), « L'âge d'horizon »[7] (2008), « La Ballade du Poète »[8] (2012) et « Où sont passés nos rêves »[9] (2016). Pour l'album « Aimer » paru en 2022, il a endossé le rôle de coordinateur artistique et a également participé en tant qu'interprète. Sa collaboration avec Serge Lama inclut également la composition de certaines musiques présentes sur les albums. Il est par ailleurs coordinateur artistique du projet « Poète(s) »[10], le dernier opus de Serge Lama annoncé pour 2025.
En 2014, Sergio Tomassi a été au cœur d'un projet d'envergure en tant que réalisateur, metteur en scène, directeur artistique et chef de projet pour la création mondiale de l'œuvre « Napoléon Symphonique »[11] au Théâtre antique d'Orange. Ce spectacle monumental mettait en scène l'album concept « Napoléon » de Serge Lama, interprété par un grand orchestre symphonique et une chorale comptant près de 200 exécutants. Sergio Tomassi a assuré la direction globale de cette production ambitieuse, de la conception à la réalisation sur scène.
4. Musicien et compositeur
Au théâtre
Sergio Tomassi a exploré les scènes théâtrales en tant que musicien et a contribué à intégrer l'accordéon dans des productions de prestige. Il a notamment joué à la Comédie Française dans des pièces telles que « Mille francs de récompense »[12] de Victor Hugo (mise en scène de Jean-Paul Roussillon, 1995), « Mère Courage et ses enfants »[13] de Bertolt Brecht (mise en scène de Jorge Lavelli, 1998), et « La vie de Galilée » de Bertolt Brecht (1990 mise en scène Antoine Vitez). Son parcours théâtral inclut également des participations au Théâtre Mouffetard pour « La Comtesse Dracula »[14][15] de Michel Frantz (mise en scène de Philippe Rondest, 1995) et au Théâtre Hébertot pour « La Cagnotte »[16] d'Eugène Labiche (mise en scène de Jacques Lassalle, 1998). Ces expériences montrent sa capacité à évoluer dans des univers artistiques variés et exigeants.
Cinéma, Musée et Danse
L'activité de composition occupe une place importante dans la carrière de Sergio Tomassi, qui a créé des musiques pour le cinéma, les musées et la danse[17]. Au cinéma, il a composé pour les longs métrages « Faubourg Saint-Martin[18] » de Jean-Claude Guiguet (1986) et « Merci pour le geste » de Claude Faraldo (1999), ainsi que pour le court métrage « Rémy Duval, 28 place des Vosges » de Claire Clouzot (1987).
Il a également conçu les habillages sonores d'espaces muséographiques, notamment pour « La maison de la rivière d'Olt » à Saint-Parthem, l'espace patrimoine du « Chalet d'accueil de Tignes », et le « Musée de la Mine de Cagnac-les-Mines ».
Sa collaboration avec le danseur étoile Kader Belarbi a donné lieu à plusieurs créations notables[19]. Pour « Les Épousées » à l'Opéra de Paris, il a composé la musique originale. Au Capitole de Toulouse, il a participé aux créations de « Les Saltimbanques » (2021), pour laquelle il a composé la musique[20], réalisé l'instrumentation et assuré l'interprétation sur scène, et de « Toulouse Lautrec » (2021), où il a tenu la partition soliste à l'accordéon sur une composition de Bruno Coulais.
5. Pédagogie et masterclasses
Engagé dans la transmission de son savoir, Sergio Tomassi a marqué le domaine de la pédagogie de l'accordéon. En 2010, il a fondé la classe d'accordéon du Conservatoire du 15ème arrondissement (CMA15) de Paris - Frédéric Chopin[21]. Cette classe a été conçue avec une approche ouverte, qualifiée de « populaire » qui vise à offrir un enseignement classique tout en encourageant l'exploration de divers styles musicaux, notamment le musette. Il a également enseigné l'accordéon à Levallois-Perret. Son activité d'enseignement en conservatoire s'achève en juillet 2025. Aujourd'hui, il poursuit son engagement pédagogique à travers des masterclasses. Celles-ci abordent spécifiquement l'accordéon MIDI mais s'inscrivent dans une perspective plus large de la Musique Assistée par Ordinateur pour apporter un apprentissage global des technologies MIDI – avec l'accordéon au besoin.
6. Direction artistique et programmation de festival
Depuis 2006, Sergio Tomassi assure la direction artistique et la programmation du « Festival Accordéon Médard Ferrero » de Drancy[22][23]. Sous sa direction, le festival a notamment accueilli la classe d'accordéon du CNSMD de Paris, une première sortie pour cette institution. En collaboration avec le responsable de la classe, il a organisé la création mondiale des « Nocturnes » de Busseuil, interprétées à Drancy avec un grand orchestre à cordes. Lors de la première édition, Marcel Azzola a assuré la présentation, Sergio Tomassi étant alors engagé avec Serge Lama. Le festival a également facilité des échanges internationaux en accueillant des représentants de l'école russe d'accordéon, grâce à des collaborations avec des personnalités russes.
7. Contributions à l'accordéon numérique et au standard MIDI
Sergio Tomassi a joué un rôle significatif dans le développement[24] et l'application de la technologie MIDI[25] (Musical Instrument Digital Interface) à l'accordéon et dans le domaine de la Musique Assistée par Ordinateur (MAO). Il a notamment contribué aux premières réflexions sur la manière d'utiliser la norme MIDI avec la morphologie spécifique de l'accordéon pour chercher à conjuguer la morphologie de l'instrument avec les nouvelles possibilités technologiques et numériques de l'époque.
Proche de la société Cavagnolo, spécialisée dans la fabrication d'accordéons, Sergio Tomassi conseillait régulièrement Claude Cavagnolo sur les aspects techniques et les innovations potentielles. Les créations de Sergio Tomassi dans ce domaine étaient initialement motivées par ses propres besoins en tant que musicien, plutôt que par une visée commerciale directe : créer l'instrument dont il avait besoin. Confronté à la qualité des sons d'accordéon disponibles sur les synthétiseurs de l'époque, qu'il jugeait insuffisante, Sergio Tomassi a été parmi les premiers à utiliser des échantillonneurs pour capturer et reproduire fidèlement les sons d'accordéons acoustiques. L'échantillonnage consistait à enregistrer de courts extraits sonores (échantillons) de l'instrument (réel) pour les rejouer ensuite via un instrument numérique. À cette époque, la mémoire de stockage était très limitée (en mégaoctets), ce qui nécessitait de travailler avec des échantillons de très courte durée. Cette démarche l'a amené à créer ses propres banques de sons d'accordéon échantillonnés, qu'il partageait avec d'autres amis musiciens. L'évolution rapide des technologies d'échantillonnage et des machines a accompagné son parcours.
Une rencontre décisive a eu lieu avec la société Dream spécialisée dans les microprocesseurs et connue à l'époque pour ses réalisations dans le domaine des orgues numériques. Claude Cavagnolo a facilité cette mise en relation, après que Sergio Tomassi ait reconnu la complémentarité des approches entre Dream et lui-même. Cette collaboration a abouti à la création des sons du premier accordéon numérique commercialisé par Cavagnolo. Sergio Tomassi a réalisé l'intégralité de l'échantillonnage des sons, qui ont été intégrés dans un expander (un module sonore externe) nommé CS20 Cavagnolo. L'ensemble des sons tenait sur une seule disquette d'1 mégaoctet. Le CS20 a ainsi été le premier module et expander spécifiquement dédié à l'accordéon numérique. Bien que n'étant pas le développeur technique, Sergio Tomassi a agi en tant que chef de projet et « sound designer ». Il définissait le cahier des charges suivi par les développeurs et créait lui-même les sons. Ces sons sont encore aujourd'hui recherchés par de nombreux musiciens.
Par la suite, Sergio Tomassi a été chef de projet pour le projet « Family Song ». Initié par Dream, ce projet visait à créer un système de karaoké basé sur la technologie MIDI, centré sur le répertoire de la chanson française. L'objectif avec ce projet était de « réveiller » le patrimoine de la chanson française, y compris des œuvres plus anciennes. En tant que chef de projet, Sergio Tomassi a coordonné une équipe de musiciens chargés de réaliser les relevés (transcriptions) des orchestrations des chansons françaises. Il supervisait et corrigeait ces relevés pour garantir leur fidélité. Le système « Famille Song » utilisait une banque de sons compatible avec la norme General MIDI (GM).
La norme General MIDI est un standard qui assure qu'une séquence MIDI donnée (un « MIDI file ») produira une orchestration cohérente quel que soit le matériel compatible GM utilisé. Elle définit l'emplacement standard de chaque instrument (par exemple, les percussions sur le canal 10) dans la banque de sons qui permet ainsi une lecture automatique et prévisible des morceaux. Cela offrait l'avantage de pouvoir transposer facilement les morceaux sans altérer la qualité sonore, puisque seules les informations de note étaient modifiées. Dans le cadre du projet « Famille Song », Sergio Tomassi a également participé à des réunions à la SACEM pour expliquer la nature de la norme MIDI et la démarche du projet. Il était essentiel d'obtenir les autorisations nécessaires auprès des éditeurs pour l'utilisation des œuvres (copyright), d'autant plus que le projet remettait en lumière des chansons parfois oubliées. Actuellement, le module intègre environ 500 chansons françaises.
8. Bibliographie & références
Sources consultées entre le 26 et le 27 février 2026.
- [1]« Sergio Tomassi », sur TheatreOnline (consulté le 26 février 2026)
- [2]François Cavanna, « Dossier de presse – Les Ritals », sur Théâtre du Lucernaire (consulté le 26 février 2026)
- [3]Sébastien Bost, « "Barbara : chanter à voix perdue" », sur HAL (consulté le 26 février 2026)
- [4]« Sergio Tomassi - 29/11/2025 », sur RVVS 96.2 (consulté le 26 février 2026)
- [5]« Sergio Tomassi », sur Discogs (consulté le 26 février 2026)
- [6]Fan de Serge Lama, « Serge Lama – « Accordéonissi-mots » (spectacle complet) », sur YouTube (consulté le 26 février 2026)
- [7]« L'Âge d'horizons – Serge Lama (CD album) », sur Fnac (consulté le 26 février 2026)
- [8]Serge Lama Officiel, « Sergio Tomassi – [titres à compléter selon la vidéo] », sur YouTube (consulté le 26 février 2026)
- [9]Serge Lama Officiel, « Sergio Tomassi – [titre exact de la vidéo] », sur YouTube (consulté le 26 février 2026)
- [10]« Site officiel de Serge Lama », sur Serge-Lama.com (consulté le 27 février 2026)
- [11]« Napoléon et Serge Lama ont tenu leurs promesses », sur La Provence (consulté le 27 février 2026)
- [12]« Sergio Tomassi », sur Les Archives du spectacle (consulté le 27 février 2026)
- [13]« Oeuvre/Expression Mère Courage et ses enfants », sur Bibliothèque de la Comédie-Française (consulté le 27 février 2026)
- [14]« Michel Frantz & Philippe Rondest – La Comtesse Dracula », sur Discogs (consulté le 27 février 2026)
- [15]« La Comtesse Dracula », sur Les Archives du spectacle (consulté le 27 février 2026)
- [16]« La Cagnotte », sur SCAPIN – Archives & Musée de la Littérature (Fédération Wallonie-Bruxelles) (consulté le 27 février 2026)
- [17]« Sergio Tomassi », sur AlloCiné (consulté le 27 février 2026)
- [18]« Faubourg Saint-Martin (film, 1986) », dans Wikipédia, 25 janvier 2026
- [19]« Ballet du Capitole de Toulouse – Kader Belarbi (« Toulouse-Lautrec ») », sur TheatreOnline (consulté le 27 février 2026)
- [20]« [LES SALTIMBANQUES] Sergio Tomassi – Compositeur », sur Opéra national du Capitole (consulté le 26 février 2026)
- [21]Vincent Lhermet, « L'accordéon dans les conservatoires et les classes en France », sur Réseau régional musique et danse Hauts-de-France, 2019 (consulté le 26 février 2026)
- [22]« Le festival accordéon de Drancy « Médard Ferrero » », sur Ville de Drancy (consulté le 26 février 2026)
- [23]« Dossier de presse – Festival Accordéon de Drancy « Médard Ferrero » 2020 », sur Ville de Drancy (consulté le 27 février 2026)
- [24]Guy Daurelle, « Notice 1.0 ODYSSÉE 4 PRO ORCHESTRA – Remerciements », sur Daurelle – Speed System (consulté le 26 février 2026)
- [25]Guy Daurelle, « Ils utilisent la dernière génération ODYSSÉE 4 », sur Daurelle – Speed System (consulté le 26 février 2026)